Il y a quelques jours, j’ai eu 40 ans. Ça pique un peu, mais je le vis plutôt bien.
Comme à chaque cap un peu symbolique, je me suis surprise à faire le bilan. Les nouvelles années, les rentrées, les comptes ronds… ça provoque toujours la même chose chez moi : une petite mise au point intérieure. Et parmi tous les sujets qui me trottent dans la tête, il y en a un qui revient avec insistance : le sport.
Au début de la trentaine, j’étais très active. Je courais trois à cinq fois par semaine. Je préparais des courses officielles, des 10 km, des semi-marathons. J’ai même fini par pousser la porte d’un club d’athlétisme, où je me suis entraînée pendant deux ans.
À cette époque, le sport était une affaire sérieuse. J’étais disciplinée. J’aimais ça. Et il faut aussi être honnête : j’avais du temps à y consacrer.
Puis, petit à petit, les choses ont changé. J’ai eu moins de temps, moins d’élan, plus de contraintes, et surtout tout un tas de très bonnes excuses. J’ai déménagé loin de mon club. J’ai arrêté les courses officielles parce que, sans permis, aller seule à une compétition un dimanche matin en plein mois de janvier relevait de l’expédition. J’ai eu d’autres priorités, d’autres préoccupations. Et je me suis raconté que je m’y remettrais plus tard. Quand ce serait plus simple. Quand j’aurais plus de temps. Quand j’aurais plus d’énergie. Un jour.
Il y a bien eu quelques sursauts. En 2024, par exemple, j’ai réalisé mon challenge 30 jours running. J’y ai pris du plaisir, mais la reprise n’a pas duré.
En septembre 2024, je suis partie vivre en Asie. Là, je me suis heurtée à d’autres difficultés. Le climat, d’abord. La chaleur tropicale est rude quand on débarque de Normandie. Le rythme, ensuite : pour profiter d’un peu de fraîcheur, il faut se lever très tôt. Or, je ne suis pas du matin. Il y a aussi les routes, que je trouve dangereuses, et ma peur panique des chiens, nombreux dans les rues et sur les plages.
Soyons claires : toutes les raisons que je viens d’énumérer m’ont surtout servi d’excuses pendant de longs mois.
En décembre dernier, lors d’un retour en France, j’ai participé à un 10 km en famille. Le simple fait d’avoir cette course en ligne de mire m’a forcée à rechausser un peu les baskets. J’ai terminé en 1h06, très loin de mon meilleur temps. Mais j’étais fière. Fière de voir que mon corps était encore capable de faire ça, alors même que je n’avais couru que 22 fois dans l’année et jamais plus de 6 km.
Galvanisée par cette expérience, j’étais persuadée que je ne lâcherais plus. Depuis le début de l’année, pourtant, je n’ai couru qu’une seule fois. Le tapis de yoga que j’ai rapporté de France fin décembre n’est toujours pas sorti de son sac.
Je suis dans un cercle vicieux. Je me plains presque tous les jours de ne pas faire de sport. Pourtant, je ne fais rien pour changer les choses. Et je déteste ce que ça dit de moi et de mon rapport au corps.
Parce que si je ne m’y suis pas remise, ce n’est pas seulement à cause de la flemme. C’est aussi parce que je n’ai pas grossi. Et qu’en dépit de tout ce que je raconte depuis des années sur les bienfaits du sport, je reste, comme beaucoup de femmes de ma génération, très préoccupée par mon apparence. Tant que je reste mince, tant que je rentre dans les cases de la normalité, ma santé mentale et physique peut bien attendre.
Écrire ça n’a rien de glorieux, mais c’est sans doute plus honnête que de parler uniquement de manque de temps, de chaleur ou de motivation.
Alors j’ai décidé que le cap de la quarantaine était le bon moment pour reprendre soin de moi. Pour prévenir les douleurs liées à la sédentarité. Pour ne pas être essoufflée en montant un escalier. Pour espérer vivre le plus longtemps possible en bonne santé.
Et puisque j’ai un peu déserté ce blog en même temps que le sport, j’ai décidé de partager cette aventure ici.
L’idée n’est pas de donner des conseils ni de prétendre avoir trouvé la bonne méthode. Simplement de repartir. Et de voir ce que ça donne, à 40 ans, quand on essaie enfin de faire les choses pour les bonnes raisons.
Je reviendrai bientôt pour raconter la suite.





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